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Bien lire l'étiquette d'un complément alimentaire
Réglementation

Bien lire l'étiquette d'un complément alimentaire

Une étiquette de complément alimentaire est un document réglementé. Ce qui y figure est encadré, ce qui n'y figure pas l'est tout autant — et c'est souvent l'absence qui renseigne le mieux. Voici ce qu'il faut regarder, dans l'ordre.

1. La dose journalière de référence

Premier réflexe : identifier à quelle quantité correspondent les chiffres affichés. Un tableau nutritionnel peut être exprimé « par gélule », « pour 2 gélules » ou « pour la dose journalière ». Ce n'est pas anodin.

Un produit annonçant « 300 mg de magnésium » pour trois gélules et un autre annonçant la même chose pour une seule ne sont pas comparables — ni en apport, ni en prix réel, ni en nombre de jours couverts.

C'est aussi de là que découle la durée de cure. Une boîte de 60 gélules à 4 par jour, c'est quinze jours. À 2 par jour, un mois. Le chiffre affiché sur la face avant ne dit rien tant qu'on ne l'a pas divisé par la posologie.

2. Le pourcentage des VNR

Les valeurs nutritionnelles de référence sont les repères européens d'apport quotidien pour les vitamines et minéraux. Une étiquette doit indiquer, pour chaque nutriment concerné, le pourcentage des VNR couvert par la dose journalière.

C'est l'indicateur le plus utile de l'étiquette. Il permet de comparer deux produits en une seconde, et de repérer les dosages homéopathiques comme les surdosages inutiles. Un nutriment à 15 % des VNR n'apporte pas grand-chose ; à 500 %, la question du sens se pose.

Attention : les VNR n'existent que pour les vitamines et minéraux. Les plantes, les fibres et les acides gras n'en ont pas.

3. Le titrage des extraits de plantes

Voici la ligne qui sépare les produits sérieux des autres. « Extrait de thé vert : 300 mg » ne veut rien dire tant qu'on ignore ce que contient l'extrait.

Un extrait sérieux est titré : il indique le pourcentage de son composé actif de référence. « Extrait de thé vert 300 mg titré à 45 % d'EGCG, soit 135 mg d'EGCG » est une information exploitable. Sans titrage, le chiffre en milligrammes est décoratif.

Deuxième point de vigilance : le ratio d'extraction, parfois noté 4:1 ou 10:1. Il indique combien de plante sèche ont été nécessaires pour produire une unité d'extrait. Un ratio élevé signifie un extrait plus concentré.

4. La liste complète des ingrédients

Une étiquette ne se limite pas aux actifs. Elle doit mentionner tous les ingrédients, y compris les excipients : agents de charge, antiagglomérants, enveloppe de gélule, arômes, colorants, édulcorants.

Ces éléments ne sont pas des additifs cachés — ils sont techniquement nécessaires. L'enveloppe HPMC, par exemple, est une gélule végétale d'origine cellulosique, l'alternative standard à la gélatine animale.

Ce qui doit alerter, c'est une composition qui ne liste que les actifs. Une gélule ne tient pas toute seule : s'il n'y a rien d'autre sur la liste, c'est que la liste est incomplète. La formule vague « sans excipient controversé » ne remplace pas une liste — elle ne veut rien dire de vérifiable.

5. Les allégations, et ce qu'elles trahissent

En Europe, seules certaines phrases peuvent être associées à certains nutriments, à certaines doses. Elles sont listées dans le règlement (UE) n° 432/2012 et leur formulation est encadrée.

Reconnaître une allégation autorisée est simple, elle a toujours la même forme : « [nutriment] contribue à [fonction] normale ». Par exemple : le magnésium contribue à réduire la fatigue ; le chrome contribue au maintien d'une glycémie normale ; l'EPA et le DHA contribuent à une fonction cardiaque normale.

Ce qui n'est pas autorisé, et qui doit faire tiquer :

  • Les verbes d'action forts : « brûle », « élimine », « détoxifie », « draine les toxines ».
  • Les promesses chiffrées de résultat : « −3 kg en 10 jours ».
  • Toute allusion à une maladie, à sa prévention ou à son traitement — c'est le domaine du médicament, et c'est strictement interdit pour un complément.

Pour les plantes, la seule formulation admissible reste celle de l'usage traditionnel : « traditionnellement utilisé pour ».

6. Les mentions obligatoires

Quatre mentions doivent figurer sur toute étiquette de complément alimentaire. Leur absence est un signal.

  • « Ne pas dépasser la portion journalière recommandée. »
  • « Ne se substitue pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain. »
  • « Tenir hors de portée des jeunes enfants. »
  • La quantité nette et les conditions de conservation.

S'y ajoutent les avertissements spécifiques à certains ingrédients : le risque d'étouffement pour le glucomannane, la présence d'allergènes comme le poisson, la teneur en caféine au-delà d'un certain seuil.

Et la mention « déclaré à la DGCCRF » ?

Elle revient souvent, présentée comme un gage de qualité. Ce n'en est pas un. La déclaration à la DGCCRF est une formalité administrative obligatoire avant la mise sur le marché — pas une autorisation, pas une approbation, pas un label. Tout complément vendu légalement en France est déclaré. En faire un argument de différenciation, c'est vendre le respect de la loi comme une qualité.

La check-list

  1. À quelle dose journalière correspondent les chiffres ?
  2. Quel pourcentage des VNR pour chaque vitamine ou minéral ?
  3. Les extraits de plantes sont-ils titrés ?
  4. La liste des ingrédients est-elle complète, excipients compris ?
  5. Les allégations ont-elles la forme autorisée ?
  6. Les quatre mentions obligatoires sont-elles présentes ?

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Cet article a une vocation informative et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Les compléments alimentaires ne se substituent pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain.

Cet article a une vocation informative et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Les compléments alimentaires ne se substituent pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain.